Accueil du site > DÉCOUVRIR > HISTOIRE ET PATRIMOINE > Les gisants de la Basilique

Les gisants de la Basilique

Contenu de la page : Les gisants de la Basilique

Qu’est ce qu’un gisant au Moyen-âge ?

Au Moyen Age, le souhait de tout chrétien était de reposer, en attendant la résurrection, au plus près des reliques et des prières de la communauté, afin de bénéficier de leur protection.

A partir du 13e siècle, se généralisa la pratique d’enterrer dans l’église les ecclésiastiques qui la desservaient, mais aussi par une sorte de dérogation tacite, les familles seigneuriales qui en assuraient la protection militaire et de généreux donateurs. C’est alors que de riches sépultures se multiplièrent au pourtour des chœurs. Cette tendance s’amplifia à la fin du Moyen-Âge et atteignit son apogée aux 17e et 18e siècles. Les personnages les plus puissants eurent droit à des enfeus [Niche à fond plat ménagée dans un mur pour abriter un tombeau], dans les cathédrales ou les abbatiales.

Les tombeaux gothiques d’Evron
La tombe de ce gisant est celle de « Gilles du Châtelet », cellérier, c’est-à-dire intendant de l’abbaye, mort vers 1340. Ce gisant est conservé dans la chapelle rayonnante, à droite de la chapelle axiale. Selon certaines hypothèses (Abbé Angot), Gilles du Châtelet aurait été l’architecte des travaux notamment dans la conception des décors des tombeaux.
A droite de la porte communiquant avec la chapelle St Crespin, un autre tombeau est conservé : il s’agit de celui de Jean IV de Favières, abbé d’Evron mort en 1484. Ce tombeau très bien conservé comporte encore des traces de peinture du 15e siècle.

Pour ce gisant ainsi que pour celui de Gilles du Châtelet, nous observons à leurs pieds une tête de chien. Le chien symbolise la fidélité, mais aussi surtout la foi. Lorsque celui-ci tient un os entre ses pattes, c’est le signe que le corps se trouve sous le gisant.
Il faut savoir qu’au Moyen-Âge, le symbolisme animal ne reflétait pas les animaux pour eux-mêmes mais l’idée que s’en faisait l’homme, et peut être l’idée qu’il se faisait de lui-même. Il était supposé apporter sa protection dans l’au-delà.

En 1777, le prieur « Don Alexandre Barbier » voulut moderniser son église. Pour cela, il fit détruire les tombeaux gothiques qui ornaient l’abbatiale. Des fragments de ces tombes, débitées en pavés, ont été retrouvés en 1985 dans le sol du chœur. En outre 2 tombes doubles, représentant chacune un chevalier et son épouse, ont connu un sort aussi peu enviable. En effet, ces tombes ont été sciées en 1779 pour faire des bancs. Dégagée en 1866, elles ont été replacées en 1948, désormais en 4 gisants séparés et mutilés dans les enfeus du transept.